Rêver trop fort...

mercredi 14 novembre 2012
par  lafede

Pour paraphraser Bashung , nous avons dû « rêver trop fort ». La campagne « l’Art est Public » était pourtant tout à fait réaliste quant aux tenants, aux aboutissants, aux enjeux, à la nécessité de faire bouger les fonctionnements, de remettre en cause les cloisonnements, les coteries, les prébendes et les modes de financements qui en découlent. Six mois que la gauche est au pouvoir, que le Président, qui a signé cet appel, est au pouvoir, que sept ministres, qui ont signé cet appel, sont dans leur ministère et le moins que l’on puisse dire est qu’on n’a pas vu de grand soir… Les lobbies rôdent, le Père Noël est fauché, et tous ceux qui ont quelque chose à perdre appuient sur tous les freins qui sont à leur portée. Du coup, entre les bonnes intentions et leur réalisation, il y a ce hiatus béant qui est le lot de tous ceux qui rêvent un avenir nouveau.
Va-t-on pour autant se résigner, baisser les bras, ou se contenter de hurler à nos espoirs blessés ? Nous savons que l’avenir ne se résume pas aux simples échéances électorales, que ce qui dure est profond et qu’un futur, c’est tous les jours que ça se fabrique._
Nous allons donc d’un côté :

  • continuer de rêver, élargir ce programme qui reste à inventer et, si possible, tenter de le concrétiser autour d’un bouquin pour mieux le partager

et, de l’autre, et en nous appuyant dessus :

  • lutter pied à pied pour ce qui est de notre responsabilité : permettre aux Arts de la Rue de se développer, ceci autour d’un Plan de Développement, sur lequel nous travaillons régulièrement depuis juillet. Un plan de développement qui devra tenir compte d’un budget coincé et d’une future loi sur la décentralisation qui impactera certainement nos actions et leurs financements sur les territoires.

Autant dire que rien n’est simple et que c’est une excellente raison pour redoubler d’efforts, voire d’optimisme, quand le pessimisme n’est que de la mort anticipée et ne peut nous conduire qu’à nous étioler. Nous avons des cartes en mains, des savoir-faire singuliers et précieux, une vague de sympathie autour de nous, des dispositifs, des compagnies, des lieux. Et même si menacent les détournements, les instrumentalisations et les reflux parfois au niveau local, nous avons à nous faire un destin en Europe, dans le Monde, sur tous les territoires, des réseaux à tisser, une liberté d’expression artistique à instaurer.

Mais dans le même temps qu’il faudrait penser loin et large, nos structures requièrent toute notre attention. Baisses sur les productions, restrictions dans la diffusion, nos compagnies se fragilisent. Mis à part quelques-uns, nous sommes nombreux dont les revenus sont, au mieux, momifiés, c’est-à-dire perdant, année après année, de leur pouvoir d’achat, de don et d’initiative. Le temps de la militance recule face à l’inflation galopante du temps de la survie. Et nos fédérations régionales en souffrent fortement. Pour autant, on aurait tort de s’isoler dans l’un ou l’autre. C’est dans le passage, dans la bascule, qu’on trouvera l’énergie et les arguments ; c’est dans l’action qu’on trouvera l’union ; c’est dans l’opiniâtreté qu’on trouvera le succès.

Nous avons bien conscience que les enjeux sont tendus, qu’il nous faut vigilance et que, si rien n’est encore perdu, ça menace tous les jours. Le fait d’être ensemble, de mutualiser nos luttes et nos difficultés, nous rendra plus solides. Nous avons besoin de tous pour mieux avancer.

A bon entendeurs…

Pierre Prévost


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