Cahier des Missions et des Charges des CNAR

mercredi 24 février 2010
par  lafede

Préambule

Les arts de la rue se sont affirmés depuis une trentaine d’années comme une expression artistique à part entière.

En s’appropriant l’espace ouvert, hors des salles consacrées à la culture et au spectacle, ils ont forgé des écritures singulières qui réinventent, dans les paysages du quotidien, le rapport entre actes artistiques et publics.

Nés de manière spontanée dans les années 70, les arts de la rue ont depuis entamé un processus de structuration afin de mieux répondre à leurs propres exigences. Les lieux de fabrication ont joué un rôle essentiel dans ce processus offrant des espaces de travail et un accompagnement technique en adéquation avec les spécificités des arts de la rue.

Dans le cadre du Temps des Arts de la Rue (2005-2007), programme triennal de politique de soutien du secteur initié par le ministère de la culture et de la communication, neuf lieux de fabrication ont été reconnus « centres nationaux des arts de la rue » (CNAR) avec des missions et de moyens leur permettant une structuration durable.

En 2009, les CNAR sont ainsi devenus des établissements de référence pour les arts de la rue sur le plan territorial, national et international.

Ils constituent un réseau repéré pour la production et la diffusion pour les arts de la rue. Ils disposent de lieux équipés, de personnel permanent pouvant offrir un accompagnement professionnel aux équipes accueillies sur les plans administratif et technique. Ils épaulent les démarches artistiques et en favorisent l’éclosion. Ils organisent des rencontres régulières entre les équipes en production et les publics. Ils mettent en place des programmations des spectacles de rue concentrées sur des festivals et étalées en saisons. Ils bénéficient de cadres conventionnels co-signés par l’Etat et les collectivités territoriales.

Les CNAR sont nés d’histoires singulières portées par des équipes de professionnels, souvent autour de festivals de grande envergure (Aurillac, Chalon dans la rue) ou par des compagnies artistiques (Oposito, ilotopie, Jo Bithume). Ces singularités se reflètent dans les structurations juridiques des CNAR : cinq sont constitués en association, un est une régie municipale (le principe d’une autonomisation est cependant acquis par les partenaires) et trois sont portés par des compagnies artistiques constituées en association ou en scop (La Papérie/Jo Bithume).

Les missions et les charges

1/ Missions artistiques

Les objectifs

Création / production

• soutenir la création par des coproductions, des productions déléguées, des résidences de compagnies ou d’artistes, dont la démarche s’inscrit pleinement dans l’espace public et considère l’approche avec le public de manière novatrice.
• développer les productions sous forme d’apports numéraires au bénéfice des compagnies ou par des productions déléguées. Les apports financiers versés aux compagnies coproduites doivent être d’un montant significatif au regard du budget global de la création ou de l’action réalisée.
• assurer la mise en place de résidences. Elles peuvent être de différente nature :
-  les résidences d’écriture / expérimentation, comprenant notamment des projets « in situ » conçus spécialement pour le territoire et les populations locales ;
-  les résidences de création, concernant la phase de production d’un spectacle (construction, répétitions, premières présentations face à des publics…) ;
-  les résidences-association sur des longues durées impliquant un investissement réciproque CNAR-compagnie de plus grande ampleur.

Elles doivent avoir un certain nombre de caractéristiques :
-  répondre à des minima requis (durée non inférieure à dix jours, mise à disposition gracieuse des locaux et des équipements techniques, prise en charge des frais d’approche et de séjour, respect des réglementations en vigueur, notamment en matière de rémunération du personnel et des règles de sécurité…) ;
-  faire l’objet d’une contractualisation détaillant les attendus, les conditions de réalisation et les moyens mobilisés ; les éventuelles actions culturelles développées dans le cadre des résidences doivent faire l’objet d’un accord commun et disposer de moyens supplémentaires spécifiques.
• inciter la mise en relation avec d’autres structures culturelles, ouvrant sur les autres domaines artistiques, afin d’améliorer les conditions de production et de diffusion des spectacles de rue et de favoriser un dialogue entre les milieux professionnels et artistiques concernés par l’action

2/ Missions territoriales et en direction des publics

Les objectifs

2/1 Diffusion

• Promouvoir une diffusion régulière de spectacles et de propositions artistiques dans l’espace public par des saisons des arts de la rue, au-delà des festivals et des temps forts.
• Mettre en place des résidences de diffusion investissant le territoire. Cela peut concerner plusieurs œuvres d’une même compagnie (diffusion du répertoire) ou diverses compagnies.
• Etablir des partenariats avec des structures de diffusion, généralistes ou spécialisées, sur les plans régional, national, européen et international.

2/2 Les publics

• Promouvoir des formes innovantes de rencontres entre actes artistiques et populations.
• Créer une dynamique de rencontre et de confrontation entre les publics, les artistes et leurs œuvres.
• Contribuer à forger des regards nouveaux sur les arts de la rue et ses évolutions par la mise en synergie entre les actions de soutien à la création, la diffusion et l’action culturelle.
• Développer de nouvelles formes de médiation, avec une attention particulière portée aux réalités territoriales et aux populations, ainsi qu’au milieu scolaire.
• Mettre en place des actions de sensibilisation pour des publics spécifiques en synergie avec les missions artistiques (production et diffusion).
• Animer des rencontres, colloques et débats ouverts vers des publics plus larges afin d’améliorer la connaissance des arts de la rue.

3/ Missions professionnelles

Les objectifs

• Assumer un rôle de référent au niveau du territoire, national et international, en exerçant une expertise mise au service d’autres opérateurs culturels.
• Participer à la reconnaissance et à la qualification des arts de la rue.
• Œuvrer pour le décloisonnement des arts de la rue, en établissant des partenariats avec les autres établissements culturels, en particulier les scènes généralistes.
• Favoriser les métissages et les rencontres avec d’autres disciplines du spectacle vivant, mais aussi des arts plastiques et des métiers concernés par l’espace public (architectes, urbanistes…).
• Repérer et accompagner les jeunes équipes.
• Mettre en place ou collaborer à la mise en place de formations pour des publics professionnels (artistes, techniciens, opérateurs culturels, responsables de collectivités territoriales…) concernés par les projets artistiques dans l’espace public.

Moyens et mise en oeuvre

• Locaux : les CNAR doivent disposer de lieux permanents et outillés en adéquation avec leurs missions. Si les locaux appartiennent à une collectivité territoriale ou à tout autre tiers, une convention d’occupation et d’utilisation doit être établie, afin de garantir au CNAR la pleine jouissance des locaux
• Equipe : la direction du CNAR doit être clairement identifiée. La mise en place des missions du CNAR est sous sa responsabilité. Il(elle) doit en répondre vis-à-vis des financeurs, sur les plans qualitatif et budgétaire. Le(la) directeur(trice) est secondé(e) par du personnel pouvant assurer les fonctions nécessaires à la mise en œuvre des missions du CNAR.
• Cadre juridique : un statut juridique autonome doit être privilégié, sous forme d’association ou d’EPCC.
• La nomination d’un nouveau directeur doit recevoir l’accord des partenaires financiers. Le choix se fera sur la base d’une procédure de recrutement transparente (appel public à candidature, constitution d’un jury impliquant les financeurs, rendu public du choix) :
• Une convention pluriannuelle signée avec l’ensemble des partenaires précise les activités et les missions détaillées du CNAR, les outils mis à sa disposition et prévoit un certain nombre d’indicateurs permettant une évaluation quant à la réalisation des objectifs.
• Modalités de suivi et d’évaluation . Le CNAR communique aux partenaires publics à la fin de chaque année un état détaillé des activités (lors de la tenue d’un comité de suivi ou d’un conseil d’administration). Dans le cas des CNAR dirigés par des équipes artistiques, les outils de gestion (budget analytique) et le cadre conventionnel doivent permettre de distinguer clairement la part relevant du CNAR. Cette distinction doit être également faite pour les différentes activités du CNAR (production, résidences, diffusion en saison, festival, autres actions…). Une évaluation approfondie est menée à la fin de chaque conventionnement par les services de l’Etat
• Financements : les CNAR doivent bénéficier de financements structurels des collectivités publiques, Etat et collectivités territoriales. L’ancrage territorial des CNAR, essentiel pour exercer leur rôle de pôle référent, doit pouvoir se traduire par le soutien structurel de plusieurs collectivités territoriales à des montants significatifs. L’équilibre de niveau de financement entre les différents partenaires, Etat et collectivités (au minima deux) est un objectif garant de la stabilité du CNAR, sa portée nationale et son emprise territoriale. Le CNAR s’efforce de diversifier ses financements par des apports publics et privés (mécénat, sociétés civiles) et européens, conformément aux actions pouvant répondre à ces critères.
• Subvention. La part de l’Etat doit représenter au moins 25 % du total des subventions, avec un plancher fixé à 150 000 €
.

Annexe 1

Liste des CNAR (2009)

-  L’Abattoir à Chalon-sur-Saône (Bourgogne), directeur Pedro Garcia

-  Le Parapluie à Aurillac (Auvergne), directeur Jean-Marie Songy

-  Les Pronomade(s) en Haute-Garonne à Encausse-les-Thermes (Midi-Pyrénées), directeur Philippe Saunier Borrell

-  L’Atelier 231 à Sotteville-lès-Rouen (Haute-Normandie), directeur Daniel Andrieu

-  Le Fourneau à Brest (Bretagne), directeurs Claude Morizur et Michèle Bosseur

-  Le Moulin Fondu à Noisy-le-Sec (Ile-de-France) / compagnie Oposito directeur Jean-Raymond Jacob

-  Le Citron Jaune à Port-Saint-Louis (PACA) / compagnie ilotopie, directeurs Bruno Schnebelin et Françoise Leger

-  La Paperie à Saint-Barthélémy d’Anjou (Angers) / compagnie Jo Bithume, directeur Eric

L’Avant-Scène à Cognac, suite au départ de son directeur, n’est plus un CNAR. Un projet de refondation d’un CNAR sur la ville de Niort est en cours d’élaboration avec le soutien de la région Poitou-Charentes.

Lieux Publics, centre national de création des arts de la rue, installé à Marseille et dirigé par Pierre Sauvageot


Vous pouvez télécharger ce document en cliquant sur le lien ci dessous


Documents joints

CNAR

VidéoZap

videozap

Navigation

Articles de la rubrique

Sites favoris


7 sites référencés dans ce secteur